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«Un merveilleux voyage à la veille de la Saint-Jean», Dimanche 14 juin 2026, 15 h 00, église Saint Martin:

Chers amis,

C’est à un magnifique voyage que nous vous convions ce dimanche 14 juin …

« La meilleure forme pour une longue œuvre, c’est le voyage », écrivait John Ronald Reuel Tolkien.

Faut-il beaucoup pour partir en voyage ? Parfois très peu, lorsqu’il s’agit d’un voyage de l’imagination.

Le 14 juin, nous vous invitons à entreprendre un tel cheminement — dans un univers de musique d’orgue anglaise, de poésie et de fantaisie. Ici, la musique et la parole deviendront des guides vers un espace où la réalité se mêle imperceptiblement au mythe, et où le monde familier rejoint celui des visions intérieures et de la mémoire.

Au cours de cette après-midi  les artistes conduiront les auditeurs à travers des paysages sonores et littéraires inspirés par la culture anglaise, la nature et l’image du pays enchanté, si importante pour Tolkien et les créateurs de son époque. Et peut-être nous ramèneront-ils un peu différents — car le mauvais voyage est celui après lequel rien ne change.

« Dans le Pays de Féerie, outre les elfes et les fées, les nains, les magiciens, les trolls, les géants et les dragons, il y a les mers et le soleil, la lune ; il y a le ciel, la terre et tout ce qu’elle porte : les arbres, les oiseaux, l’eau et la pierre, le vin et le pain ; et nous aussi, mortels, pouvons nous y trouver, lorsque nous sommes enchantés. »

Au programme:

Maurice Duruflé (1902 –1986 ) – Prélude et Fugue sur le nom d’Alain 

Herbert Howells (1892–1983)
Six pièces pour orgue :
— « Master Tallis’ Testament »
— « Paean »

— Première Rhapsodie en ré bémol majeur, 10 min

John Dowland (1563–1626) – William Byrd (vers 1540–1623)
Pavana « Lachrymae »

John Dowland – Anonyme
Can she excuse my wrongs

William Byrd
Fancy en mi mineur

Musique originale de Dmitry Petrov et Anna Orlova (groupe EmBer, Saint-Pétersbourg), arrangée pour accordéon solo. (Mazurka, valse, suite de 3 scottishes)

 

Les interprètes:

Anna Orlova est organiste, pianiste et claveciniste. Formée entre la Russie, l’Allemagne et la France, elle développe un parcours artistique mêlant interprétation, musique ancienne, création contemporaine et transmission. Après des études de piano à l’École centrale de musique de Moscou puis au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou, elle poursuit sa spécialisation en orgue auprès de Natalia Gureeva-Vedernikova et Konstantin Volostnov à Conservatoire de Moscou (universite) . Elle obtient ensuite à la Hochschule für Musik de Stuttgart un Master ainsi qu’un Konzertexamen dans les classes de Ludger Lohmann et Nathan Laube.

Avant d’occuper son poste actuel d’accompagnatrice au Conservatoire de Saint-Brieuc, Anna Orlova menait une active carrière internationale de concertiste en Russie et à l’étranger (États-Unis, Finlande, Suède, Estonie, Espagne, Italie, Allemagne). Elle a été invitée comme soliste dans des projets de musique de chambre et des projets symphoniques de la Philharmonie de Moscou. Anna Orlova est lauréate du concours de l’Académie d’orgue de Lübeck-Travemünde (Allemagne, 2011), lauréate des troisième et quatrième concours internationaux d’orgue A. Goedicke (Moscou, 2013 et 2016), ainsi que lauréate et Prix du public du festival et académie d’orgue Mataró-Barcelone (Espagne, 2014).

Elle a également été nommée au Prix du Théâtre d’Art de Moscou (MKhT) comme compositrice pour sa pièce « Barzaz » pour orgue et électronique.

Son activité artistique se déploie autour du répertoire pour orgue et clavecin, avec un intérêt particulier pour les liens entre musique, littérature, théâtre et création contemporaine. Elle collabore régulièrement avec des artistes issus de différentes disciplines dans des projets mêlant musique, poésie et performance scénique.

Installée en Bretagne, Anna Orlova travaille actuellement comme pianiste accompagnatrice et responsable de projets au Conservatoire à Rayonnement Départemental de Saint-Brieuc (Villa Carmélie). Elle y développe notamment des projets autour de la musique baroque et de la pratique collective, ainsi que des formes de concerts interdisciplinaires associant texte, musique et espace scénique.

En parallèle de son activité de concertiste, elle mène également un travail de création et d’arrangement au sein du groupe EmBer, ensemble inspiré des traditions celtiques et du bal folk contemporain.

 

Diplômée de l’ERACM, Agathe Bosch développe un parcours artistique à la croisée du théâtre, du cinéma, de la mise en scène et de la création musicale.

En tant que comédienne, elle a travaillé avec de nombreux metteurs en scène et compagnies, parmi lesquels Alain Milianti, Catherine Marnas, Simone Amouyal, Madeleine Louarn, Frédéric Grosche, Didier Carette ou encore le Théâtre de Folle Pensée. Au cinéma, elle tient l’un des rôles principaux du long-métrage « Malmkrog » du réalisateur roumain Cristi Puiu, film récompensé au Festival international du film de Berlin en 2020.

Parallèlement à son travail d’interprète, Agathe Bosch mène une activité de mise en scène avec plusieurs créations remarquées : « L’Apertintaille » de Cécile Bultez (présenté notamment aux Rencontres de la Cartoucherie au Théâtre de la Tempête à Vincennes), « Le Sas » de Michel Azama au Théâtre des Bernardines à Marseille, ainsi que « J’espère ne pas me perdre d’ici ce soir » de Nicolas Richard dans le cadre des Portraits avec Paysage du Théâtre de Folle Pensée.

Artiste engagée dans la transmission et les projets de territoire, elle est également artiste intervenante pour la Scène nationale de Saint-Brieuc et professeur au Conservatoire à Rayonnement Départemental de Saint-Brieuc.

En parallèle de son travail théâtral, elle fonde en 2012 avec Ghislain Lemaire le groupe de chanson rock « Noceurs », dont ils assurent ensemble l’écriture et le chant. Le groupe se produit notamment à Rennes (l’Ubu), Paris (Les Trois Baudets), Nantes (Les InRocKs Lab) ainsi qu’au festival Art Rock à Saint-Brieuc, partageant également l’affiche avec des artistes tels qu’Arthur H, Lo’Jo ou Feu! Chatterton.

 

Nous vous espérons nombreuses et nombreux à ce concert original, tout en subtilité et poésie.

Comme à l’accoutumée le verre de la convivialité proposé à l’issue de la manifestation vous permettra de dialoguer avec les artistes et les membres de l’association.

 

Et s’il vous reste un peu de temps, goûtez ces vers, qui accompagneront la musique le 14 juin …

Assis auprès du feu, je pense
à tout ce que j’ai vu,
aux fleurs des prés, aux papillons
des étés révolus ;
Aux feuilles jaunes, aux filandres
des automnes qui furent,
brume au matin, soleil d’argent,
vent dans ma chevelure.
Assis auprès du feu, je pense
au monde qui sera
alors que me vient un hiver
sans printemps au-delà.
Car il est encor tant de choses
que je n’ai vues avant :
chaque printemps dans chaque bois
vient un vert différent.
Assis auprès du feu, je pense
aux gens de temps lointains,
aux gens qui connaîtront un monde
que je ne verrai point.
Mais pendant tout ce temps qu’assis
je pense aux anciens jours,
je guette les voix à la porte
et les pas de retour.

 

Les routes continuent toujours,
Sur les rochers et sous les arbres,
Par des grottes où jamais le soleil n’a brillé,
Par des ruisseaux qui ne trouvent jamais la mer ;
Sur la neige semée en hiver,
Et à travers les joyeuses fleurs de juin,
Sur l’herbe et sur la pierre,
Et sous les montagnes, sur la lune.
Les routes continuent toujours
Sous les nuages ​ et sous les étoiles,
Pourtant les pieds qui erraient sont partis
Tournons-nous enfin vers notre maison lointaine.
Des yeux que le feu et l’épée ont vus
Et l’horreur dans les salles de pierre
Regarde enfin les prés verts
Et les arbres et les collines qu’ils connaissent depuis longtemps.

 

L’enfant lit l’almanach près de son panier d’oeufs.
Et, en dehors des Saints et du temps qu’il fera,
elle peut contempler les beaux signes des cieux :
Chèvre, Taureau, Bélier, Poisson, et coetera.
Ainsi, peut-elle croire, petite paysanne,
qu’au-dessus d’elle, dans les constellations,
il y a des marchés, pareils avec des ânes,
des taureaux, des béliers, des chèvres, des poissons.
C’est le marché du Ciel sans doute qu’elle lit.
Et, quand la page tourne au signe des Balances,
elle se dit qu’au Ciel comme à l’épicerie
on pèse le café, le sel, et les consciences.

 

Ô mon Dieu, laissez-moi aller prendre une étoile :
peut-être que ça calmera mon cœur malade…
Mais vous ne voulez pas que je prenne une étoile,
vous ne le voulez pas et vous ne voulez pas
que le bonheur me vienne un peu dans cette vie.
Voyez : je ne veux pas me plaindre et je me tais
dans moi-même, sans fiel aucun ni raillerie,
comme un oiseau en sang caché entre deux pierres.
Oh ! Dites-moi si cette étoile c’est la mort ?…
Alors, donnez-la-moi, comme on donne un sou d’or
à un pauvre qui a faim assis près d’un fossé ?
Mon Dieu, je suis pareil aux ânes aux pas cassés…
Ce que vous nous donnez, quand vous le retirez,
c’est terrible, et l’on sent alors dedans son cœur
passer comme du vent terrible qui fait peur.
Que faut-il pour guérir ? Mon Dieu, le savez-vous ?
Souvenez-vous, mon Dieu, que je portais du houx
lorsque j’étais enfant auprès de votre crèche
où ma mère arrangeait doucement les bobèches.
Ne pouvez-vous me rendre un peu ce que j’ai fait
et, si vous croyez que ça peut guérir mon cœur malade,
ne pouvez-vous, mon Dieu, me donner une étoile,
puisque j’en ai besoin pour la mettre ce soir
sur mon cœur qui est froid, qui est vide et qui est noir ?

 

Flétrissure des branches
J’ai pleuré lorsque la lune murmurait aux oiseaux,
« Laisse le vanneau appeler et le courlis crier où ils veulent,
Tes mots joyeux et tendres et pathétiques me manquent,
Car les routes sont sans fin, et il n’y a pas de place pour mes pensées. »
La lune de miel pâle est basse sur la colline somnolente,
Et je me suis endormi sur le solitaire Echtge des rivières.
Aucune branche ne s’est flétrie à cause du vent d’hiver ;
Les branches sont flétries parce que je leur ai dit mes rêves.
Je connais les chemins feuillus qu’empruntent les sorcières
Qui, avec leurs couronnes de perles et fuseaux de laine
Et leur sourire secret, sortent du lac ;
Je sais l’endroit où flotte une lune trouble, où les enfants de Dana
Enroulent et déroulent leurs danses quand la lumière devient froide
Sur l’herbe des îles, leurs pieds sur les lueurs pâles de l’écume.
Aucune branche ne s’est flétrie à cause du vent d’hiver ;
Les branches sont flétries parce que je leur ai dit mes rêves.
Je sais le pays somnolent où volent les cygnes
Unis par des chaînes d’or, et qui chantent en volant.
Là errent un roi et une reine, et cette musique
Les a rendus si heureux et désespérés, si sourds et aveugles
Qu’avec sagesse ils errent jusqu’à ce que passent toutes les années ;
Je sais, et le vanneau et le courlis sur l’Echtge des rivières .
Aucune branche ne s’est flétrie à cause du vent d’hiver ;
Les branches sont flétries parce que je leur ai dit mes rêves.

 

Descendant les vallées sauvages
Chansons d’ambiance agréables
Sur un nuage, j’ai vu un enfant
Et il m’a dit en riant
« Pipe une chanson sur un agneau »
Alors j’ai sifflé avec joie
‘Piper, répète cette chanson’
Alors j’ai sifflé : il a pleuré pour entendre
‘Laisse tomber ta pipe, ta pipe heureuse
Chante tes chansons de bonne humeur ‘
Alors j’ai encore chanté la même chose
Alors qu’il pleurait de joie d’entendre
‘Piper, assieds-toi et écris
Dans un livre, que tous puissent lire’
Alors il a disparu de ma vue
Et j’ai pincé un roseau creux
Et j’ai fabriqué un stylo rural
Et j’ai taché l’eau claire
Et j’ai écrit mes chansons joyeuses
Chaque enfant peut être ravi d’entendre

 

Toujours au détour d’un virage là peut attendre
Une nouvelle route ou porte secrète ;
Et bien que je suis souvent passé par là,
Un jour viendra finalement quand je
Devrais prendre les chemins cachés qui vont
A l’Ouest de de la Lune, à l’Est du Soleil.

Poèmes de William Butler Yeats, Francis Jammes, J. R. R. Tolkien et William Blake (tous écrits avant 1920)


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